« Dans la vie, comme au parapente, il faut se fixer un cap ! »

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Quatre jeunes suivis par la protection judiciaire de la jeunesse ont découvert le parapente en Haute-Savoie. En prise avec des comportements à risques, ces ados ont pu tester leurs limites et comprendre, avant de prendre leur envol, que la liberté implique le respect des règles.

Les 26 et 27 septembre 2019, quatre jeunes de l’unité éducative en milieu ouvert de Saint-Pierre-en-Faucigny (74) ont réalisé plusieurs vols en biplace dont ils ont pu prendre les commandes. Ces adolescents suivis par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ)  ont également partagé des moments d’échange avec leurs éducatrices et leurs moniteurs.

Le parapente pour envoyer "les maux en l’air"

Le groupe de jeunes s’était déjà réuni à trois reprises pour des sessions parapente en pente-école. Des séances favorisées par le partenariat avec l’association Rêves d’en haut, qui œuvre pour une meilleure accessibilité du parapente pour les publics en difficulté.

Ainsi, les participants ont été encadrés par deux professionnels diplômés, qui leur ont appris à se surpasser à chaque session en volant toujours plus haut et en gagnant en responsabilité.

Se sentir libre dans un cadre sécurisé

L’objectif était de permettre à ce groupe d’adolescents, présentant des comportements à risques, d’expérimenter un défi physique, procurant des sensations fortes, tout en s’inscrivant dans un cadre sécurisé.

Grâce à ces sessions, ils ont pu tester leurs limites et prendre conscience que le sentiment de liberté peut être vécu sans aller au-delà du cadre légal, sans mettre soi-même ou autrui en danger.

 

Des moments forts et du partage

"Ils y ont mis tout leur coeur !", affirme Alicia de Paoli, l’une des éducatrices. Celles-ci ont vu émerger tout au long de l’activité une solidarité à toute épreuve entre les adolescents. "Ils ont pris le plus jeune sous leur aile et étaient toujours volontaires pour s’entraider, notamment pour le pliage des voiles", racontent-elles.

Les jeunes se sont également liés avec leurs moniteurs, leur confiant parfois des bribes de leur vie dans les airs, mais aussi avec les deux éducatrices. Des temps d’expression ont permis, à chaque fin de session, de se livrer chaque fois un peu plus.

 

"J’ai enfin réussi quelque chose !"

Lors de ces moments de parole, les mineurs ont laissé s’exprimer leur fierté par des mots forts tels que "je réussis enfin quelque chose !". Et en effet : lors du séjour, fin septembre, tous étaient en mesure de prendre les commandes du biplace pédagogique. L’un d’eux a même réussi à effectuer un atterrissage lors de son dernier vol.

Ces sessions se sont soldées par de nouvelles vocations : "Maintenant, je veux faire du parapente ! Fini tout le temps passé devant mon ordinateur". Mais aussi de bonnes résolutions : "Dans la vie, comme au parapente, il faut se fixer un cap et le tenir jusqu’au bout ! Je vais faire cela maintenant".

 

Lola Rivoire-Gaïao, service civique communication

 

©MJ/DR